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Guy Martin

Directeur des monteurs,
mécaniciens, vitriers
Local 135, FTQ-Construction
À qui la faute?

À qui la faute est la première question que tout le monde se pose quand arrive un accident de travail, mais au Québec, personne n’est responsable. Nous l’avons vécu quand le viaduc de la Concorde est tombé. Il y a eu une commission d’enquête et la conclusion : personne imputable. À qui la faute ?

Dans l’industrie de la construction, il y a eu un mort par semaine pour l’année 2010, mais personne n’est imputable. Toutefois, la ministre, elle, est capable de faire une loi spéciale pour, soi-disant, sauver les victimes d’intimidation sur les chantiers de construction et passer pour une héroïne devant la population et le patronat. Combien de victimes et combien de sauvées ?

Lors de la première semaine du retour des vacances des fêtes, les travailleurs doivent récupérer le retard dû aux vacances et aux échéanciers « fastrack », car nous devons être plus performants que nos voisins Ontariens, Américains et même, comme un média de la radio nous comparaît, aux Chinois qui ont le plus haut taux de mortalité sur les chantiers.

Un accident de trop

Alors, ce qui devait arriver arriva, ce matin du 12 janvier 2012, pour une famille qui venait de finir leurs vacances des fêtes. Cette journée devait être une journée normale de travail sur le chantier du CHUM pour Serge. Il reçoit les directives de son contremaître, met son chapeau de construction, son harnais de sécurité, inspecte sa nacelle et entreprend son travail en toute sécurité, car tout le monde est unanime pour dire que Serge est très sécuritaire tant pour lui que pour les autres. Et soudain, tout bascule... des travaux au-dessus de lui, à dix étages plus hauts, ont causé la chute d’un bloc de glace qui lui tomba sur le derrière de la tête.

Tout a chaviré pour ceux qui ont été témoins : ses compagnons de travail, son fils qui venait tout juste de commencer dans l’industrie, sa femme, ses cinq enfants, ses petits-enfants, gendres et belles-filles, sa famille, ses copains de vie et de moto. Maintenant Serge lutte ardemment pour sa vie. ... À qui la faute ?

Est-ce que cet accident aurait pu être évité ? Je crois que oui, mais la part de responsabilité va à l’indifférence de nos gouvernements et de ses institutions comme la CSST qui minimise les accidents de travail et les morts dans le domaine de la construction. Les donneurs d’ouvrage utilisent le « fastrack » sous peine d’amendes camouflées pour tous retards imposés aux sous-contractants et de bonus si les travaux se finissent avant l’échéancier. Donc, si l’intimidation fait bouger la ministre, elle devrait penser aux petits sous-contractants qui, lorsqu’ils ne respectent pas les échéanciers, sont vite menacés de devoir payer les retards et même de se voir enlever leur contrat. Si, ça, ce n’est pas de l’intimidation, c’est une manière de mettre de la pression. Le résultat de cette façon de faire : plutôt que de travailler efficacement, les sous-contractants doivent se dépêcher et plusieurs travailleurs subissent cette situation régulièrement. Parfois, les travailleurs se sentent fouettés verbalement et s’ils rouspètent, des menaces de mise à pied leur pendent au bout du nez, car l’ancienneté n’est pas reconnue pour la majorité des métiers dans l’industrie de la construction. Voilà une des fautes !

Alors, j’ose espérer qu’il y a des solutions pour éliminer les accidents sur les chantiers. Si nos ingénieurs et nos penseurs sont capables de faire des machines de tous genres, est-ce qu’il serait possible d’avoir des chantiers de construction sécuritaires ? Je crois que la réponse est dans le vouloir de tous ! Il faut agir! Les spécialistes me disent qu’il faut éliminer le problème à la source et je suis d’accord. Alors, pourquoi je porte un casque de construction si le danger que quelque chose me tombe sur la tête a été éliminé ? C’est d’avoir des lunettes roses, de croire que rien ne peut nous arriver sur un chantier de construction partout dans le monde, mais il est possible d’améliorer notre bilan.

Une question d’argent

Je crois que nous devrons être plus ingénieux et plus sévères. Qu’est-ce qui empêche de mettre des filets protecteurs pour éviter les chutes d’objets en hauteur lors du décoffrage ou autres travaux ? -$$$$- Pourquoi ne pas avoir des nacelles avec des toits protecteurs comme sur les machineries lourdes ? -$$$$- Pourquoi n’y a-t-il pas de périmètres de sécurité plus intelligents que seulement un ruban rouge ? On ne clôture pas nos enclos à chevaux avec du ruban rouge... Nous n’empêchons pas nos jeunes enfants d’aller près d’une rivière en mettant un simple ruban rouge... Je crois que si on veut, on peut ! Permettez-moi de croire que se lancer la balle pour trouver un responsable n’est pas la solution.

Pourquoi pouvons-nous envoyer des gens construire une station spatiale dans l’espace dans un environnement sécuritaire, mais que sur les chantiers ce soit impossible ?

Je veux que ça change, non, nos travailleurs de la construction veulent que ça change. Si 53 policiers étaient tués dans l’exercice de leurs fonctions par année, la population aurait de la sympathie et forcerait le gouvernement à agir. Mais étant donné que notre gouvernement, avec sa collusion, ses enquêtes bidon et le fait que les médias traitent nos travailleurs de la construction comme des complices à toute cette collusion et, par le fait même, manipule la population contre notre industrie, rien ne bouge! Si on revendique des changements, les médias et la population nous traitent de plaignard et de gras dur. Alors, dites-moi comment les travailleurs doivent faire pour travailler en toute sécurité et tenter de changer les coutumes ? Pour l’instant, nous devons vivre avec un code de sécurité qui est carrément désuet et auquel il y aurait place à une grande amélioration.

Mes pensées sont avec la famille de Serge Provost qui lutte ardemment pour sa vie.

P.S. J’ai aussi une autre pensée pour la ministre qui a l’intérêt des travailleurs intimidés, quand on sait que si un travailleur fait un droit de refus pour sa sécurité, il est soit mis à pied ou plus jamais engagé, car les employeurs se parlent entre eux et la ministre ne peut enlever le contact employeur/employeur, comme la loi 33 enlève le pouvoir du syndicat de parler à l’employeur.

À lire également :
Lettre à la ministre Thériault d’une femme
d’un travailleur accidenté

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